GEAR : GUIDE POUR CHOISIR SON LONGBOARD RETRO

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Comprendre les spécificités des longboards rétros et vous aider à choisir votre modèle dans la gamme GONG.

Pourquoi parle-t-on de longboard rétro ?

À l’origine du surf, les planches étaient longues, lourdes et peu maniables. Les manœuvres radicales étaient quasi impossibles. Les surfeurs ont donc exploré d’autres manières d’exprimer leur maîtrise : marcher sur la planche et se positionner au nose en est une. 

Avec la modernisation du surf dans les années 70 (shortboards et manœuvres plus radicales), le noseriding est resté la signature du longboard classique. C’est ce qui distingue encore aujourd’hui le “logging” du surf moderne : un art du déplacement et du flow.

Le terme “Log” vient littéralement de l’idée de tronc (“log of wood”). Son origine dans le surf est directement liée à la taille, au poids et à l’inertie des longboards de l’époque. Les toutes premières planches étaient fabriquées directement dans du bois brut, et dans des dimensions hors normes. Les planches étaient très longues (de 10 à 12 pieds et plus), très larges, très épaisses, et surtout très lourdes, chacune pouvant facilement atteindre les 40 kg. Des gabarits plus proches d’un tronc d’arbre que d’un cure-dent !

Avec l’arrivée de la mousse et de la fibre de verre, les planches et le surf ont ensuite évolué vers plus de légèreté et de radicalité. Mais pour distinguer les planches modernes des longboards classiques, les surfeurs ont continué d’appeler ces derniers « log » d’où vient naturellement « logging ». En français, l’expression « un tronc », pour désigner un longboard rétro, est donc un calque direct de l’anglais.

Ce qu’on appelle un longboard rétro est un shape qui promeut cet art du déplacement et du flow. Ce type de planche adopte des éléments de shape spécifiques, hérités de cette époque iconique du surf d’une part, et d’innovations continues jusqu’à nos jours d’autres part. 

Voyons ces éléments ensemble.

 

Surfeuse : Evelin, rideuse du team GONG, avec sa Pampa custom.

Outline 

L’outline d’un longboard rétro se définit avant tout par des courbes généreuses et harmonieuses, conçues pour la glisse, la stabilité et le style classique. C’est une signature visuelle et fonctionnelle qui traduit la philosophie du surf d’époque : glisser longtemps, tourner en douceur, et marcher jusqu’au nose. 

Le nose est généralement large et arrondi pour offrir une grande surface portante et ainsi faciliter le noseriding. Des lignes douces et continues qui favorisent un flow constant et un surf basé sur la transition naturelle plutôt que sur les changements de direction brusques. Ces  courbes sont dessinées pour surfer le long du rail, pour rester connecté à la vague et exploiter toute la longueur de la planche plutôt que la simple puissance du pied arrière.

L’outline de la Frank en est une bonne illustration :

 

Placement du maître-bau ou wide point

Le maître-bau ou wide point correspond à la largeur maximale d’une planche de surf, son placement va avoir une influence très importante sur le comportement de la planche. Pour mieux comprendre l’influence du maître bau, on va partir du principe que l’on peut couper en deux par la moitié n’importe quelle planche. 

Lorsque l’on engage le rail de la planche dans la face de la vague, la partie avant d’une planche sert principalement à la vitesse, l’accroche et la stabilité. La moitié arrière assure quant à elle la maniabilité et la réactivité.

Donc selon le placement du maître bau, on va favoriser l’une de ces composantes, comment on vient augmenter la vitesse et l’accroche ou la manoeuvrabilité et la réactivité.

Le nose riding va s’appuyer sur un ensemble de compétences allant de la maniabilité pour se positionner sur la vague, mais également la vitesse et et la stabilité pour assurer la portance 

Une largeur reculée ou Wide Point Back favorise la maniabilité, des virages serrés et des transitions rail to rail plus rapides. En contrepartie, on perd un peu de portance et de stabilité à l’avant. Ce placement bien que modernisé est typique des shapes originaux dits “pigs”. 

Sur ce type de planche, le nose est plus étroit que la largeur à l’arrière. Reculer le point le plus large contribue à augmenter la courbure de la moitié arrière de la planche, ce qui rend la planche plus facile à faire tourner.

Autre conséquence, en réduisant la largeur au nose, on vient réduire sa surface et par conséquent le poids à l’avant, on diminue ainsi le Swing weigth ou ballant pendant les manœuvres. En réduisant la largeur au nose, on vient aussi diminuer le risque de mordre avec le rail, on a ainsi plus de facilité à surfer une section creuse au plus près du curl. 

En revanche, cette perte de surface aura un impact sur la portance, marcher jusqu’au nose dans des sections lentes, molles, avec peu de pente devient plus difficile. Ce type de shape nécessite des vagues plutôt rapide, avec de la pente et plus de technicité pour tenir au nose.

Ex : Misty, Pampa ou Pinta.

 

 

Une largeur centrée ou Wide Point Center permet un parfait équilibre entre maniabilité et stabilité. Ce qui convient à la majorité des surfeurs et des conditions. 

Car en déplaçant ce maître bau vers le centre on obtient un outline plus équilibré avec des largeurs proches entre le nose et le tail.

Lorsque la largeur au nose augmente, la stabilité en trim augmente aussi, et la surface supplémentaire génère plus de portance et de poussée. Cela devient particulièrement utile dans les vagues molles ou lors du nose riding. Ce type d’outline est aussi appelé Rails parallèles, ce qui permet d’avoir une longueur de rail en contact avec l’eau la plus longue possible. On obtient ainsi une excellente accroche du rail en ligne droite, c’est ce qui permet de tenir au nose sur des sections de vague très différentes et pas uniquement sur des sections de vagues creuses. C’est cette tolérence qui rend ce design accessible et populaire. En revanche, ces rails très droits sont moins faciles à libérer des vagues lors des virages, ce qui joue sur la maniabilité. L’autre point est la difficulté à contrôler dans les sections plus grosses, plus rapides ou plus puissantes, car cette surface réduit l’accroche.

Ex : Deano, Winstone, Frank ou Incredible

 

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Une largeur avancée augmente la stabilité à l’avant et facilite les déplacements. C’est donc une option à privilégier pour apprendre à faire du noseriding.

Comment choisir sa planche ?

Deux questions à se poser :

Quel est mon niveau en nose riding ?

  • Un surfer qui sait déjà faire du nose riding, pourra s’orienter vers un outline wide point back qui peut être plus fun et stimulant.

  • Pour un surfeur qui est dans l’apprentissage des mouvements de base du noseriding  (placer la planche près du curl, marcher sur la planche…), un outline wide point forward facilitera cet apprentissage.

Quelles sont les conditions typiques de mon spot principal ?

  • Vagues molles / peu raides :  largeur centrée ou avancée.

  • Vagues raides / avec curl marqué : largeur reculée.

 

Surfeur : Patrice Guénolé, boss and shaper GONG, en Frank EPS Pro.

Shape du nose

La forme du nose est intimement liée au placement du maître-bau, si ce dernier est avancé, il donnera naturellement un nose plus large qui maximise la surface de contact avec l’eau pour être plus portant et plus stable. 

À l’inverse, sur un shape dont le maître bau est reculé, le nose sera plus étroit et plus fin, il offrira moins de portance et de stabilité pour le noseriding, mais plus de maniabilité et de précision, une capacité à tourner court depuis le tail. La glisse est plus vive, surtout dans les vagues rapides, mais la planche demande un peu plus de technique lors des déplacements.

 

Surfeur : Malo, team rider GONG, en Deano Pure Origin.  

Shape du tail et vitesse de déferlement

Le shape du tail influence en grande partie la vitesse de déplacement de la planche car le tail est la zone par laquelle l’eau quitte la planche. 

  • Un tail plus étroit ou effilé laisse l’eau s’échapper plus vite, car il réduit la traînée et augmente la vitesse.

  • Un tail plus large et plat retient plus d’eau, crée plus de traînée, ralentit la planche et donne plus de portance.

  • Les tails fins et étroits comme les rounds pin tails et les pin tails privilégient la vitesse et le relâchement. 

Un tail étroit concentre la surface arrière sur l’axe central : l’eau s’écoule rapidement, sans s’accumuler ni créer de retenue. La planche est donc plus rapide, plus fluide et plus maniable. Le contrôle est plus précis dans les virages et les sections rapides. 

En revanche, cela demande un meilleur placement pour rester efficace au nose car il offre moins de résistance hydraulique pour maintenir la planche plaquée dans la vague quand le surfeur est sur le nose. Cet effet sera moins gênant dans les vagues rapides puisqu’une partie de la portance provient de la vitesse, mais cette perte de stabilité au nose sera plus importante dans les vagues lentes.

Exemple avec le round pin tail de la Pinta, il libère l’eau pour ne pas retenir la planche dans les sections avec de la pente, mais sa surface globale permet d’être parfaitement performant dans les petites vagues. On ne cherche pas à retenir la planche, mais à la laisser glisser.

 

Tail étroit = vitesse, relâchement, réactivité.

Un tail large va tout miser sur la stabilité au détriment de la vitesse en agissant comme un frein stabilisateur. Mais sur un longboard noserider ou rétro, cette résistance n’est pas un défaut : elle est volontairement recherchée pour stabiliser la planche et maintenir l’équilibre quand le surfeur est sur le nose. Le but étant de combiner une vitesse modérée, une stabilité maximale au nose avec un excellent maintien dans les vagues lentes, ainsi qu’une glisse fluide et régulière.

 

Tail large = contrôle, ancrage, stabilité, glisse lente.

Pour résumer, un tail large et plein retient l’eau et stabilise, un tail étroit et effilé libère l’eau et accélère. Ces principes s’appliquent de manière générale à toutes les planches de surf. Regardez le tail d’une planche donne déjà une indication précise de ce à quoi elle est destinée.

 

Surfeur : Patrice Guénolé, boss and shaper GONG, en Deano EPS. 

Le rocker : courbure, maniabilité et adaptation aux vagues

Un autre élément fondamental du shape d’un longboard noserider est le rocker. Le rocker correspond à la courbure longitudinale de la carène, du nose au tail. Cette courbure va déterminer la façon dont la planche glisse, accélère, tourne et se cale dans la vague.

De manière générale, le rocker agit sur la surface de la planche en contact avec l’eau :

  • Peu de rocker : plus de surface en contact, donc plus de vitesse et de projection, mais moins de maniabilité.

  • Plus de rocker : moins de surface en contact, donc plus de maniabilité et de contrôle, mais une vitesse naturellement plus modérée.

Sur un longboard noserider, le rocker n’est pas seulement un outil pour tourner : il sert aussi à réguler la vitesse, à retenir la planche dans la vague et à stabiliser la planche lorsque le surfeur est au nose.

Rocker général : vitesse ou contrôle

Le rocker général correspond à la courbe globale de la planche.

Les longboards avec un maître-bau reculé, déjà plus maniables par leur géométrie, ont généralement un rocker plus tendu. Cette configuration favorise la vitesse, la projection et les longues trajectoires. Le tail, souvent plus étroit, retient moins l’eau, ce qui permet à la planche d’accélérer facilement. Ces planches sont donc particulièrement adaptées aux vagues rapides, avec de la pente et de l’énergie, où la vitesse naturelle de la vague compense le manque de portance.

À l’inverse, les longboards à maître-bau centré, naturellement plus stables mais moins maniables, utilisent un rocker plus présent pour retrouver de la réactivité. Ce rocker supplémentaire permet à la planche de tourner plus facilement malgré des rails plus droits et une surface importante en contact avec l’eau. Ce type de rocker est particulièrement efficace dans les vagues molles ou lentes, où le contrôle et la capacité à rester calé dans la vague priment sur la vitesse pure.

Rocker de nose : tolérance et noseriding

Le rocker au nose détermine la capacité de la planche à éviter l’enfournement et à rester tolérante lorsque le surfeur se déplace vers l’avant.

Un nose rocker modéré favorise la glisse et la vitesse, mais demande un placement précis. Un nose rocker plus relevé permet au nose de rester dégagé de la surface de l’eau lorsque le surfeur est en hang five ou hang ten, en particulier dans les sections critiques.

Sur les longboards orientés noseriding, le nose rocker est généralement progressif : suffisamment présent pour sécuriser l’avant de la planche, mais sans excès afin de préserver la glisse et la longueur de rail effective.

Rocker de tail : pivot, retenue et stabilité au nose

Le rocker au tail est l’un des paramètres les plus importants sur un longboard noserider.

Il joue plusieurs rôles essentiels :

  • il agit comme un point de pivot, facilitant les virages,

  • il permet de retenir la planche dans la vague,

  • Il stabilise la planche lorsque le poids du surfeur est déplacé vers le nose.

Les planches à maître-bau centré et tail large, destinées aux vagues molles, utilisent généralement un tail rocker plus marqué. Ce rocker augmente la résistance hydrodynamique à l’arrière, ralentit légèrement la planche et l’aide à rester calée dans la poche. Cette retenue est essentielle pour tenir des noses longs et stables à faible vitesse.

À l’inverse, les planches à maître-bau reculé et tail plus étroit ont souvent un tail rocker plus tendu. Le tail libère plus facilement l’eau, ce qui favorise la vitesse et la réactivité. Le virage se fait davantage par la géométrie du shape que par la courbure du rocker. Cette configuration est plus efficace dans les vagues rapides, mais demande plus de précision pour le noseriding dans des conditions molles.

Ex : le rocker tail de la Winstone

 

Rocker, maître-bau et type de vagues : une logique globale

Pour résumer, le rocker ne doit jamais être analysé seul. Il fonctionne en interaction directe avec :

  • le placement du maître-bau,

  • la largeur du tail,

  • et le type de vagues surfées.

Maître-bau reculé + tail étroit + rocker tendu = planche rapide, maniable, adaptée aux vagues rapides et creuses.

Ex : Misty

 

 

Maître-bau centré + tail large + rocker plus présent = planche plus lente mais très stable, idéale pour les vagues molles et le noseriding.

Ex : Winstone

  

 

Dans cette seconde configuration, le rocker ne sert pas seulement à tourner : il agit comme un outil de contrôle, de retenue et d’ancrage dans la vague, indispensable pour exploiter pleinement le potentiel d’un longboard noserider.

Shape des rails

Sur les longboards rétros on retrouve les classiques rails 50/50 emblématiques des longboards traditionnels dédiés au noseriding. Leur forme, arrondie et symétrique, place la ligne de transition air/eau exactement au milieu du rail, d’où leur nom 50/50.

 

 

On retrouve également, comme sur la Pampa par exemple, des rails avec une arête plus marquée qui donne plus d’accroche lors de prise de carre et une prise de vitesse plus facile. L’ensemble est beaucoup plus réactif si vous poussez sur la planche, la réponse est quasi immédiate.

 

 

C’est un choix important puisque la forme des rails va influencer directement votre façon de surfer. Des rails modernes avec un edge plus dur, c'est-à-dire avec un bord plus anguleux, autorisent les accélérations en pompant par exemple, des prises de carre plus franches, des virages plus serrés, une conduite générale plus dynamique. 

Avec des rails 50/50, la glisse est plus lente mais aussi plus fluide, car on drive sa planche en la laissant respirer. On ne va pas lui “rentrer dedans”, mais laisser place à toute une gestuelle et à l’art du placement et de l’économie de mouvement.

Les rails 50/50

Ce type de rail procure une sensation très fluide : la planche se cale naturellement dans la vague, glisse en douceur et garde une trajectoire stable tant qu’elle reste bien engagée dans la pente. C’est cette neutralité d’écoulement qui favorise la tenue au nose sur les sections molles, lorsque la planche s’ancre dans la vague grâce à la portance du nose et au volume centré.

 

Surfeuse : Evelin, rideuse du team GONG, avec sa Pampa custom. 

 

Cependant, cette forme de rail rend la planche plus technique à manœuvrer. Le surfeur doit constamment ajuster son appui et son angle de rail, car un rail 50/50 ne « mord » pas spontanément la face de la vague. En virage, la planche a tendance à glisser et à se dérober si le placement est imprécis, surtout dans des vagues creuses ou rapides.

L’effet Coandã

L’effet Coandă (du nom de l’ingénieur Henri Coandă) décrit la tendance d’un fluide en mouvement à rester “collé” à une surface convexe, au lieu de continuer en ligne droite. Chacun dans sa vie a pu expérimenter cet effet en voulant par exemple verser le contenu d’un verre dans un autre contenant. Si l’on verse trop lentement et si les bords du verre sont suffisamment ronds et épais, le filet d’eau suit la courbure du bord du verre au lieu de tomber directement dans le contenant visé.

Sur un longboard, les rails 50/50, ronds et symétriques, vont utiliser le même principe de circulation de l’eau. Leur absence d’arête nette crée un écoulement fluide, sans rupture, qui enveloppe littéralement la planche. Cette eau qui a tendance à « coller » à la surface du rail 50/50 et à la suivre, amplifie la stabilité du rail dans la vague. Le flux d’eau épouse le contour du rail, générant une sensation de « succion » qui maintient la planche plaquée contre la face de la vague.

Ce n’est pas une véritable aspiration, mais une combinaison de pressions : l’eau et la planche se « tirent » l’une l’autre. La planche semble alors “ventousée” à la vague, ce qui permet au surfeur de tenir un hang five ou un hang ten, même dans des vagues très molles.

L’eau comme contrepoids 

Lorsqu’un surfeur s’avance sur le nose, son poids tend à enfoncer la partie avant du longboard, pour éviter d’enfourner, il faut qu’une force opposée s’exerce à l’arrière. Cet équilibre repose sur un phénomène subtil : le contrebalancement entre le poids exercé à l’avant et les forces hydrodynamiques générées à l’arrière. C’est précisément dans cette situation que les rails 50/50 et la forme du tail jouent un rôle fondamental. Car l’eau qui suit naturellement la courbure du rail, passe du dessous (la carène),  au dessus de la planche pour s’étaler sur le pont et créer ce contrepoids par accumulation. L’eau vient littéralement envelopper la planche,  c’est cette masse d’eau qui se retrouve sur le pont et qui crée une pression qui s’oppose au poids du surfeur.

Si un hang five peut se faire sur à peu près n’importe quel longboard car c’est surtout une question de vitesse, il faudra davantage utiliser cet effet de balançoire pour tenir un vrai hang ten.

 

Surfeur : Patrice Guénolé, boss and shaper GONG, en Pampa EPS. 

Pourquoi cet équilibre est si efficace dans les petites vagues ?

Dans des vagues lentes et peu puissantes, la vitesse de déplacement du flux d’eau autour de la planche est faible. Le rail 50/50, arrondi et plein, permet à l’eau de rester longtemps en contact avec la planche. Ce contact prolongé maintient la pression sur le tail et crée une portance répartie. Souvenez-vous du verre, plus on verse lentement et plus on a de “chances” de verser son contenu à côté de ce qui était visé !

Le surfeur ressent alors une sensation de flottement contrôlé : la planche ne décroche pas, elle glisse lentement, ancrée dans la vague par la « succion » du rail et par la résistance du tail. Cet équilibre subtil rend possible le noseriding dans des conditions où un shape avec des rails plus anguleux décrocherait plus facilement.

 

Surfeuse : Evelin, Team rider GONG, en Pampa custom.

Les limites du système

Cette configuration, si stable à basse vitesse, devient contraignante dans des vagues plus rapides ou plus puissantes. Le rail 50/50 continue d’envelopper l’eau, ce qui crée une traînée importante : la planche peine à libérer l’eau et à accélérer. Sans arête nette sur le rail pour la relâcher, le flux reste “attaché” et freine la glisse. 

C’est pourquoi les noseriders classiques sont parfaits dans les vagues plutôt lentes.  Tandis que les longboards orientés manoeuvres modernes qui adoptent des rails plus pincés et des arêtes plus marquées, capables de libérer l’eau et d’offrir plus de vitesse, sont plus adaptés aux vagues plus creuses et plus rapides, donc plus enclins à surfer “in the pocket”.

Une donnée importante à considérer lors du choix de votre futur  longboard, les vagues que vous surfez sont plutôt rapides ou plutôt lentes ?

 

Surfeuse : Evelin, Team rider GONG, en Pampa custom.

Poids, inertie et stabilité

Un longboard lourd apporte davantage de glisse et de vitesse à la rame car il aura plus d’inertie, donc plus de glisse et de régularité. Idéal pour les vagues molles et les sessions de style classique. Il conserve plus facilement sa trajectoire et ancre la planche dans la vague, ce qui aide au noseriding.  En contrepartie, il est plus lent à manœuvrer et plus difficile à relancer dans les vagues plus rapides.

Un longboard léger est plus agile et réactif dans les virages car il est plus facile à déplacer et à faire tourner. C’est ce qui en fait un excellent choix pour un style moderne et pour les surfeurs qui aiment les courbes appuyées. En contrepartie, il sera plus lent à la rame et perdra plus vite sa vitesse dans les petites vagues molles. Il sera également plus instable en noseriding.

Les longboards typés noseriding sont volontairement plus lourds, ce poids est en partie obtenu par la superposition de couches de fibre de verre. Sur le pont d’une Pinta EPS par exemple,  on retrouve 3 couches de fibres de verre 6oz et 1 couche de fibres de verre 4oz. Ce qui permet d’obtenir un poids en accord avec les performances attendues d’un longboard noseriding, mais également une excellente durabilité grâce à la solidité ainsi obtenue.

 

Surfer : Patrice Guénolé, boss and shaper GONG, avec la Frank.

Le rôle de la cuillère 

La cuillère, sur le shape d’un longboard, est un concave placé sous le nose dont la forme évoque tout simplement le creux d’une cuillère. Son but est de donner de la portance et de l’accroche lors d’un noseride. Cet élément de shape apporte également du contrôle, car la cuillère permet d'utiliser plus facilement le rail de sa planche au niveau du nose. C’est de cette façon que l’on peut faire des micro ajustements pour corriger sa trajectoire depuis le nose. Ce flux d’eau dirigé par la cuillère tend à se concentrer au centre de la planche, la cuillère limite ainsi les déséquilibres latéraux, la planche ne dérape pas lorsque le surfeur est au nose.

 

 

Sur un longboard sans cuillère, ce flux ne sera pas dirigé, il va alors se disperser vers l’arrière mais aussi vers les rails, ce qui rend la planche plus sujette à décrocher dans les sections molles.

La cuillère agit donc comme un aileron invisible, elle dirige le flux d’eau et garde la planche dans son axe.

 

Surfeur : Malo, team rider GONG, en Deano Pure Origin. 

Quel longboard rétro choisir ?

Voici un petit récapitulatif qui s’appuie sur les notions vues précédemment pour vous aider à choisir le longboard rétro qui correspond à vos besoins et vos envies.

 

Pinta

Ce qui caractérise le plus la Pinta est son tail libéré pour avoir de la glisse et suffisamment de vitesse dans les sections rapides et ne pas rester à la traîne dans les vagues plus grosses. Son maître bau est reculé pour la mania et son tail reste large pour assurer dans les vagues molles. Un shape à privilégier lorsque l’on ne veut pas se contenter de surfer uniquement des vagues d’une taille de genou.

Type de vagues : La Pinta est destinée aux vagues propres avec de la pente et un minimum de puissance, de petite taille à overhead, comme des beach breaks bien calés, des reefs accessibles ou des point breaks un peu creux. Là où son round pin tail et son rocker arrière prononcé permettent de rester longtemps calé dans la pocket, d’assurer des noserides stables même dans la pente et d’enchaîner des courbes plus serrées et engagées que sur un noserider classique.

 

Misty

Le lift très marqué au tail de la Misty permet de la faire ralentir à la demande, elle n’est donc pas aussi libérée que la Pinta, mais reste plus rapide que la Winstone par exemple. Son maître bau reculé associé aux courbes serrées de son tail la placent parmi les plus maniables de la gamme, et ce malgré un tail qui offre beaucoup de surface pour rester performant sur les sections plates.

Type de vagues : La Misty est destinée aux vagues petites à moyennes, propres qui déroulent, avec une pente douce  ou un peu plus marquée et une pocket bien définie. Typiquement des beach breaks ou des point breaks longs, où son round tail large et son rocker arrière marqué maximisent la stabilité au nose et permettent de prolonger les noserides avec un flow fluide et contrôlé.


Pampa

La Pampa est l’incarnation d’un pig moderne, son maître bau est reculé mais ses rails sont bien plus accrocheurs que les classiques 50/50. On obtient un log qui vient se placer entre un longboard moderne très orienté manœuvres et le classique longboard rétro. C’est le choix idéal pour alterner un nose, accélérer facilement sur une section qui tend, puis enchaîner avec des courbes et des moves modernes.

Type de vagues :
La Pampa est destinée aux vagues petites à moyennes, propres et plutôt douces, avec une face ouverte et exploitable. Des conditions dans lesquelles elle peut exprimer sa glisse rétro naturelle et ses noses faciles tout en conservant suffisamment de drive au tail pour accélérer, passer des sections et surfer de façon dynamique quand la vague offre un peu plus de longueur ou d’énergie.

 

Patrice Guénolé, boss and shaper GONG, en Pampa EPS

 

Deano

Une fois lancée et positionnée, la Deano est extrêmement stable au nose, son lift au tail la place parfaitement au rythme de la section. Son maître bau centré en fait un longboard simple à appréhender, capable de s’adapter à une multitude de conditions. C’est un choix intéressant pour s’initier au noseriding sur une board polyvalente.

Type de vagues : La Deano est destinée aux vagues petites à moyennes, propres et plutôt longues, avec une pente progressive et un déferlement régulier, comme des point breaks ou des beach breaks lisses. Des vagues suffisamment longues où elle peut exploiter sa glisse rétro sans résistance, pour enchaîner nose, stalls et pivots, maintenir naturellement sa vitesse et traverser les sections avec un flow continu.


Winstone

Sur la Winstone tout est pensé pour être le plus performant au nose dans des vagues à la fois petites, molles et lentes. De la combinaison de son tail très large qui accumule beaucoup d’eau, de son lift très accentué, de ses rails 50/50 qui permettent de la retenir le plus possible,  il en résulte une capacité exceptionnelle à tenir des nose très longtemps à une vitesse extrêmement réduite.

Type de vagues : La Winstone est destinée aux vagues petites, molles et peu puissantes, avec une pente douce et une pocket large mais peu creuse. Typiquement des beach breaks poussifs, des longues vagues d’été ou des point breaks très soft. Là où son tail extrêmement large, son volume généreux et son rocker arrière accentué permettent de ralentir naturellement la planche, d’accumuler un maximum d’eau au tail et de créer un effet de levier exceptionnel pour tenir des hang five et hang ten longs. Une exceptionnelle capacité à tenir des noses stables et parfaitement calés dans des conditions où la plupart des planches manqueraient de portance et de temps au nose.


Frank

Le maître bau centré de la Frank lui apporte une stabilité impressionnante tant dans les déplacements que lors des moves au nose. Son rocker général est prononcé mais constant, cela se traduit par beaucoup de glisse et une grande maniabilité malgré ses côtes généreuses. Une extrême tolérance grâce à une impression générale d’un shape qui pardonne tout. C’est  l’option idéale pour réunir facilité, très grande stabilité au nose, et glisse sans retenue.

Type de vagues : La Frank est destinée aux petites vagues, molles à modérément poussives, avec une pente douce et une face ouverte. Typiquement des beach breaks d’été ou des longues vagues peu puissantes. Là où son volume généreux et son tail très large permettent de partir très tôt, de capter la moindre énergie disponible et de stabiliser la planche pour tenir des noserides longs et suspendus. Mais tout en conservant assez de maniabilité pour enchaîner les transitions avec fluidité lorsque la vague offre un peu plus de structure.


Incredible

Le but de l’Incredible est simple, ramer facilement pour partir le plus tôt possible pour ensuite planer dans des vagues même ridicules. Dans ce genre de conditions, on ne retient pas on laisse glisser, le but étant d’accélérer pour passer les sections. L'Incredible est le choix idéal pour surfer tout en glisse dans des petites vagues avec le plus de facilité possible, que ce soit à la rame ou au nose.

Type de vagues : L’Incredible est destinée aux vagues petites à très petites, molles et peu puissantes, de presque rien à une taille d’homme, comme des beach breaks poussifs ou des longues vagues glassy sans pente marquée. Son volume important, son nose porteur et rapide et son tail plus fin et maniable permettent de partir ultra tôt, de conserver de la vitesse dans le mou, d’accélérer au nose pour passer les sections et d’enchaîner hang ten et cutbacks rétro avec un maximum de portance et de fluidité.

 

Surfeur : Malo, team rider GONG, en Incredible EPS.

Conclusion : La planche qui vous ressemble

Comprendre le shape d’un longboard noserider, c’est comprendre qu’aucun élément n’existe isolément. L’outline, le placement du maître-bau, la largeur du tail, le rocker, les rails, le poids ou encore la cuillère : chaque détail influence l’équilibre général de la planche et définit sa personnalité.

Un longboard rétro n’est pas simplement une planche plus longue. C’est un support pensé pour une manière particulière de surfer : exploiter la glisse, jouer avec la vitesse plutôt que la subir, se déplacer avec fluidité et trouver l’équilibre au nose.

Certains shapes privilégient la vitesse et la maniabilité dans les vagues rapides. D’autres misent sur la stabilité, la portance et l’ancrage dans les vagues lentes pour prolonger un noseride. Il ne s’agit pas de déterminer quelle planche est “meilleure”, mais laquelle correspond le mieux à votre niveau, à votre style et aux vagues que vous surfez le plus souvent.

Choisir un longboard noserider, c’est choisir une sensation. Une façon de se connecter à la vague, de ralentir le temps et de laisser parler le flow.

À vous maintenant de trouver celui qui accompagnera votre style !

 

Surfeuse : Evelin, rideuse du team GONG, avec sa Pampa 9’4.

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Surf Pinta EPS

Le noserider ultime pour les vagues consistantes.
Prix habituel 629€
Prix soldé 629€Prix habituel
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Surf Misty EPS

Le noserider équilibré pour les vagues petites et moyennes.
Prix habituel 629€
Prix soldé 629€Prix habituel
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Surf 9'4 Pampa EPS

Le longboard moderne au style retro.
Prix habituel 549€
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Surf 9'6 Deano EPS

Le shape des amoureux du longboard traditionnel affuté.
Prix habituel 569€
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Surf Winstone EPS

Le noserider porteur pour les vagues molles.
Prix habituel 639€
Prix soldé 639€Prix habituel
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Surf Frank EPS

Le longboard d’un autre monde.
Prix habituel 609€
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Surf 9'8 Incredible EPS

Le noserider culte et indispensable.
Prix habituel 599€
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Surf Pinta EPS Pro

Le noserider ultime pour les vagues consistantes.
Prix habituel 699€
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Surf Misty EPS Pro

Le noserider équilibré pour les vagues petites et moyennes.
Prix habituel 699€
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Surf 9'4 Pampa PU

Le longboard moderne au style retro.
Prix habituel 569€
Prix soldé 569€Prix habituel
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Surf 9'4 Pampa Origin 2.0

Le longboard moderne au style rétro.
Prix habituel 629€
Prix soldé 629€Prix habituel
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Surf 9'4 Pampa Pure Origin

Le longboard moderne au style retro.
Prix habituel 619€
Prix soldé 619€Prix habituel
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Surf 9'6 Deano PU

Le shape des amoureux du longboard traditionnel affuté.
Prix habituel 589€
Prix soldé 589€Prix habituel
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Surf 9'6 Deano Pure Origin

Le shape des amoureux du longboard traditionnel affuté.
Prix habituel 639€
Prix soldé 639€Prix habituel
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Surf 9'6 Deano Origin 2.0

Le shape des amoureux du longboard traditionnel affuté.
Prix habituel 569€
Prix soldé 569€Prix habituel
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Surf Winstone EPS Pro

Le noserider porteur pour les vagues molles.
Prix habituel 719€
Prix soldé 719€Prix habituel
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Surf Frank EPS Pro

Le longboard d’un autre monde.
Prix habituel 689€
Prix soldé 689€Prix habituel
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Surf 9'8 Incredible Origin 2.0

Le noserider culte et indispensable.
Prix habituel 589€
Prix soldé 589€Prix habituel
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Surf 9'8 Incredible Pure Origin

Le noserider culte et indispensable.
Prix habituel 669€
Prix soldé 669€Prix habituel

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