GONG SPACE CENTER : DANS L’ATELIER AVEC PATRICE GUÉNOLÉ

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Immersion dans une pièce centrale chez GONG.

Les outils ont évolué, le design 3D a pris énormément de place, mais ce lieu de contact avec la matière reste incontournable : lire les lignes d’une planche, sentir ce qui peut être amélioré et trouver comment lui donner le caractère recherché.

Une salle de shape que Patrice, boss et shaper GONG, visite de nombreuses heures par semaine malgré son emploi du temps très chargé, comme lors de cette séance de shape un peu particulière…

  

 

“On forme beaucoup de jeunes chez GONG.

Selon la saison, nous sommes entre 110 et 150 personnes en interne, avec une moyenne d’âge qui tourne généralement autour de 28 à 30 ans. Ça veut dire qu’on transmet en permanence : les outils logistiques, les logiciels, nos méthodes de travail, la découpe CNC, la stratification, la mise sous vide, les finitions… Bref, tous les savoir-faire de notre métier.

Et quand on forme, il y a parfois des erreurs.

Cette planche est née de l’une d’elles.

Le pain de mousse avait été mal positionné dans la CNC. La découpe était asymétrique, il restait de la peau par endroits, il manquait de l’épaisseur au nose, il y en avait trop au tail, et les rails étaient irréguliers.

Le genre de défi qui me plait.

J’ai appris à shaper à une époque où les machines CNC étaient presque inaccessibles. Elles étaient rares, extrêmement chères, et la plupart des planches étaient encore shapées à la main. J’ai donc passé des centaines et des centaines d’heures avec un rabot, un Surform, des cales à poncer et des crayons, en apprenant auprès de shapers absolument exceptionnels.

C’est probablement pour ça que je peux aujourd’hui travailler aussi vite sur ordinateur. Avant de tracer des lignes parfaites sur un écran, j’ai dû apprendre à les tracer à la main, encore et encore, jusqu’à trouver les bonnes.

Alors, plutôt que de jeter ce pain de mousse, j’ai décidé de chercher une autre planche à l’intérieur.

Pas pour une question de coût. Je déteste simplement gaspiller de la matière, surtout du pain de mousse PU. S’il existe une bonne manière de le sauver, je préfère y consacrer du temps et en faire quelque chose d’utile.

Donc : rabot, Surform, mains, yeux, sensations. Du shape à l’ancienne, comme je le faisais quand j’avais l’âge de Malo, il y a une trentaine d’années.

Et franchement, j’adore ça.

Le résultat prend la forme d’un mid-length assez intéressant : étroit, rapide, avec beaucoup de vitesse à la rame, un nose fin et un shape né presque entièrement de la matière que j’avais devant moi, plutôt que d’un fichier informatique.

Je lui ai même prévu un montage de dérives un peu inhabituel.

La planche n’est pas encore terminée, mais je sais déjà une chose : elle va être vraiment fun à surfer.

Parfois, une erreur est simplement un nouveau point de départ.

Tudo Besné ✌🏻😎

PS : j’ai fait ça le jour où nous avons lancé la gamme Hollow.” Patrice Guénolé.

 

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