LIVE FOR IT : PREMIÈRE ESCALE AUX CANARIES !
De Pornichet aux Canaries: premier baptême du feu et premières sessions pour l’équipage de Ludo.
Près de 1 500 milles, quelques avaries et les premiers repères d’une vie à quatre en mer : l’aventure est lancée pour les Ludes ! Aux Canaries, les réparations laissent bientôt place au kite, au wing foil et au surf foil. Aristide nous raconte cette première étape, entre apprentissage du large et plaisir de retrouver les spots.

Journal de bord
“Le départ de Pornichet signait pour nous le début d’un long voyage, celui du tour du monde à la voile en équipage où les escales sont nombreuses et enrichissantes. Le port de départ était naturellement lié à notre histoire commune, et essentiellement pratique pour les derniers préparatifs achevés en trombe jusqu’à la veille du 7 octobre. La date, elle, rejoint la symbolique puisqu’elle tombe une année ouvrée après la sortie de l’eau de Ludo pour sa rénovation complète.
Le 7 octobre, à une heure de l’après-midi, c’est le moment de se lancer dans la première étape direction les îles Canaries. 1499 mn en 10 jours et 15 heures de mer nous attendent pour ce qui est l’amorce, ou l’échauffement, de notre première transatlantique à tous les quatre.
On a d’abord plongé dans la gueule du loup de Gascogne, en sortant du golfe sous des vents de force 7 et une mer forte de 3 à 4 mètres. Au petit matin la météo s’est calmée mais la nature avait donné son premier avertissement : le vit-de-mulet, qui raccroche la bôme au mât, s’est rompu à exactement 24 heures du départ. Pas de quoi s’affoler, c’est une avarie que l’on gère dans le calme pour finalement décider confortablement de poursuivre notre route sans la grand-voile et de réparer à notre arrivée. Pour enrouler le cap Finisterre, on a tricoté longuement dans un vent changeant, ce qui laissa le temps aux deux équipiers en difficulté de s’amariner. La descente le long de la côte ibérique, puis du Maroc, est glissante, portée par les alizés portugais. La vie à bord bat son plein.

La journée on s’accorde du temps : continuer la bricole, communiquer, nettoyer, mais aussi partager des parties de jeu, des bons repas, et des souvenirs à quatre qui célèbrent enfin notre réunion. La nuit, c’est le quart qui commence à vingt-une heures et s’achève à neuf heures le lendemain. La surveillance constante dont aucun marin ne peut se soustraire. C’est un moment que chacun met à profit pour prendre du temps pour soi, contempler les constellations, retrouver un grand classique du cinéma, ou échanger avec le copain qu’il relève.
Cinquième jour de mer, aux alentours de 3 heures du matin, le vent capricieux décide de se caler avec vigueur dans le bon sens pour nous porter droit sur l’objectif. La veille, un entraînement militaire nous a offert le spectacle de lancé de torpilles et éclaboussures. Une expérience surprenante qui aurait bien plu à l’ancien propriétaire de Ludo, l’Amiral Bridelance. Le jour se lève à bord, l’équipage traîne au lit quand, à 9h45, Ari alarme le bateau d’un <FISH ON> ! On a tous bondi sur le pont pour sortir cette belle dorade coryphène de l’eau. Ni une ni deux, on sort la planche à poisson d’un mètre conçue la semaine dernière, les couteaux offerts par nos proches, sans oublier l’étripeur (le cadeau symbolique de notre voisin de ponton de Pornichet, cuisinier et marin autour du monde). A 13h, une partie de la dorade était cuisinée à la polynésienne, et le reste placé sous vide au congélateur pour terminer en carpaccio quelques jours plus tard.
La veille de notre arrivée, samedi 17 octobre, on signe notre plus belle journée avec une distance de 170 mn de parcouru sur les dernières 24 heures. Une épreuve pour Ludo, puisqu’à la 22ème heure de la journée la drisse du spinnaker se rompt. La cloche sonne l’alarme pour les marins au repos : tous sur le pont ! Le sauvetage du spinnaker s’opère dans les règles, il est intact, et Ludo reprend son cap sans perdre de temps.
Le dimanche 18 octobre, on arrive à 6h45 heure locale à la marina Rubicon sur l’île de Lanzarote. Au programme de la matinée : le plein d’eau et de frais, une grande lessive, la préparation des premières bricoles…
À la fin de cette première étape, on peut dire que le rythme est donné. La vie à bord se cale, les améliorations du bateau se précisent, et l’envie d’aller rider et surfer les premiers spots du voyage grandit.
À l’heure du déjeuner on change d’île pour se diriger vers le spot. La première navigation en wing et en kite sera sur la grande plage de Corralejo dans le nord de Fuerteventura. Des premières sensations impressionnantes dans une vingtaine nœuds et des passages de grains : dans l’ensemble l’adaptation fut immédiate. Une première session de twintip sur la Steez au pop très franc ! Un combo idéal avec la Vertigo Aramid, d’une stabilité confortable dans les airs, tout en affichant une vitesse qui incite aux loops pour freestyler à la cool ou se satelliser. Mardi, une houle entre plein ouest alors on saute dans l’annexe à 8h30 direction un reef repéré la veille pour une session surf foil en tow-in. 14 heures, les conditions météo nous proposent 12 nœuds de vent pour surfer de longues vagues d’un mètre. On part chercher ces belles ondulations au large en wing foil pour finalement retrouver les surfeurs au pic. Léo, qui cherche à progresser dans les manœuvres, est en confiance avec son équipement qui permet d’attaquer sereinement ses gybes et se lancer à l’essai de quelques virements. Benjamin et Aristide ont engager la Fluid V3 Atmo dans quelques beaux carves. Un foil qu’on découvrait. Sans surprise, il excelle dans cet exercice. Il répond immédiatement pour passer d’un rail à l’autre dans les vagues. La wing Neutra Light reste stable derrière le rider en plein surf, et sa légèreté permet de re-décoller tôt entre les séries.
Wing foiler : Aristide, en Lethal FSP Pro, Droid Light et setup Fluid V3 Atmo.
On va poursuivre notre découverte des îles Canaries jusqu’au début du mois de novembre, avant de reprendre la mer pour l’archipel du Cap-Vert.
Bises du large,
Les Ludes.”






