TEAM NEWS : GUILLAUME COLIN OUVRE UNE NOUVELLE VOIE EN SUP FOIL DOWNWIND !
Histoire d’une évolution du kayak au surf et SUP foil avec Guillaume Colin !
Paraplégique depuis 2015, Guillaume Colin n’a jamais quitté l’eau. D’abord revenu à la glisse avec le sit surf, jusqu’à devenir champion du monde avec l’équipe de France, il s’est ensuite lancé un nouveau défi : voler. Après le wing foil en 2023, il explore aujourd’hui le SUP foil downwind en position assise, en travaillant sur la technique, l’adaptation et l’engagement. Une approche unique qui ouvre de nouvelles perspectives dans le foil.
Guillaume partage avec nous les premières leçons de cette expérience inédite👇
SUP foiler : Guillaume, team rider GONG, en NOTW EPS Pro 8’3, mât HM70, front wing Veloce HDW XL et stab Veloce XL.
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Qu’est-ce qui t’a poussé à tenter le défi du SUP Foil downwind ?
Je me suis lancé dans le challenge SUP foil downwind en plusieurs étapes. Ce n’était pas un objectif initial, mais la suite logique des découvertes que j’avais faites après le wing foil. D’abord j’ai eu envie de continuer à foiler quand il y avait de la houle mais pas de vent. Dans ma région, on a souvent des vagues peu creuses, parfaites pour foiler. J’ai donc testé le surf foil, toujours assis et avec une pagaie de kayak pour me propulser. Ça a marché, c’était top.
C’est ensuite qu’est venue l’idée de faire du downwind assis. J’avais déjà fait des downwinds en wingfoil en freefly. J’ai voulu me libérer de la wing, et y aller à la pagaie puisque le surf foil avait fonctionné. Je me disais que je pouvais décoller et voler sur une houle différente, au large, et faire du downwind. J’avais aussi une expérience de downwind en surfski que j’ai acquise quelques années auparavant.
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Est-que tu y as tout de suite cru ?
Avant d’y croire vraiment, j’avais surtout des interrogations auxquelles il fallait répondre. La première, c’était de savoir si j’allais être stable sur cette planche, beaucoup plus étroite que celles dont j’avais l’habitude. Finalement, avec l’expérience de la glisse et surtout le foil dans l’eau, qui stabilise énormément, il n’y a pas eu de problème.
La deuxième interrogation, c’était de savoir si je serais capable de décoller sur une houle au large, moins puissante, qui ne déferle pas forcément. Pour l’instant, dans mes expériences, ça demande beaucoup d’énergie. Il faut vraiment faire un sprint à la pagaie pour décoller, ou attendre le bon clapot, celui qui creuse ou pousse un peu plus, et ça décolle.
La troisième interrogation, c’était de savoir si je serais capable de relancer à la pagaie sans perdre le vol, comme quelqu’un qui peut pomper avec les jambes pour redonner de l’énergie. Moi, je ne peux pas pomper, donc il fallait que je continue à pagayer sans perdre le vol, pour éviter d’avoir à redécoller ensuite. C’était sans doute la plus grande interrogation, et ça fonctionne.
Avec les essais et les réponses à ces trois questions, j’ai compris que ça pouvait marcher. Évidemment, ça n’a pas été immédiat.
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Quelles ont été les plus grosses difficultés pour rendre cette pratique possible, et comment tu les as dépassées ?
La plus grande difficulté dans le processus, c’est probablement le calage sur la board. J’ai l’habitude du win foil, je sais exactement où me placer, où positionner le foil par rapport à mon assise pour être équilibré. Une fois que je suis sur la board, je suis sanglé, je ne peux pas bouger, donc il faut un positionnement très précis.
Je me suis rendu compte que ce positionnement, pour une pratique sans wing et à la pagaie, était différent, principalement dans la phase de flottaison avant le décollage. À la wing, je suis tracté par le vent, avec une traction vers le haut, et j’ai une position du corps assez verticale. À la pagaie, pour être puissant et mettre de l’énergie, il faut au contraire se pencher vers l’avant pour appuyer sur la pagaie. Il n’y a plus cette traction verticale de la wing, donc tout mon corps est projeté vers l’avant et met du poids sur le nose. Et si je reprenais les réglages que je connaissais en wing, ça ne fonctionnait pas du tout en surf foil ou SUP foil downwind. Le nose plongeait, impossible d’avancer et décoller.
J’ai donc dû revoir ces réglages. Trouver le bon équilibre prend du temps, le bon point de calage ne se trouve pas immédiatement.
Surf foiler : Guillaume, team rider GONG, en SNER EPS Pro 7’0, mât HM85, front wing et stab Fluid M V3.
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A quoi ont ressemblé tes premières sessions ?
C’est très nouveau, donc je n’ai pas encore beaucoup de sessions en downwind, mais je sens clairement que j’ai répondu aux trois interrogations dont je parlais. Ça valide vraiment l’intérêt de cette discipline pour moi.
J’ai fait un tout premier downwind assez court, de 5 km, avec un bateau de sécurité qui me suivait pour ne prendre aucun risque lors de ce premier essai en conditions réelles. C’était volontairement court, avec un vent bien établi entre 30 et 40 nœuds, et ça a fonctionné.
Ensuite, je me suis lancé dans un vrai downwind avec un ami : la traversée de l’étang de Berre, avec un mistral de 25 à 35 nœuds, une houle d’environ 80 cm au milieu de l’étang, et une vraie expérience de downwind sur 18 km.
J’ai pu confirmer des phases de vol assez longues, à plusieurs reprises, entre deux et trois minutes de vol non-stop, avec des relances à la pagaie pour reconnecter les trains de houle. C’est un plaisir pur de pouvoir foiler pendant plusieurs minutes sans toucher l’eau, uniquement porté par la houle et le vent.
Je suis convaincu qu’avec un peu plus d’expérience, de meilleures relances à la pagaie et une meilleure lecture du plan d’eau, je pourrai faire des vols encore plus longs.
Ces premières sessions se sont faites dans du vent fort et des houles courtes. Il faudra aussi explorer différents types de houles et de conditions.
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Honnêtement, est-ce qu’il faut être champion du monde en sit surf pour y arriver ?
Haha non je ne pense pas qu’il faille être champion du monde pour y arriver. C’est sûr que mes expériences passées m’ont beaucoup aidé à réaliser et à faire fonctionner ces downwinds, que ce soit la glisse assise avec le sit surf, la gestion de l’équilibre, la gestion du foil aussi avec mon expérience en wing foil, ou encore le downwind en surfski que j’ai pratiqué auparavant, avec toute la lecture du plan d’eau et de la houle que ça implique. Évidemment, tout ça m’a beaucoup aidé, ainsi qu’un minimum de capacité physique et d’endurance que je travaille de manière générale. Mais pas besoin d’être champion du monde pour faire ça.
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Peux-tu nous parler du choix de la planche, de ses adaptations, de ton setup et des réglages clés qui font la différence pour toi ?
Le choix de la planche s’est fait en échangeant avec GONG, Fred en particulier, qui me suit et à qui je fais des retours réguliers sur mes différentes expériences. Pour le downwind, la NOTW nous semblait à tous les deux la plus appropriée, donc le choix a été assez rapide.
Ensuite, les adaptations que j’ai demandées à GONG ont été d’ajouter des inserts pour installer mes footstraps et ma ceinture ventrale. Je m’attache à la planche pour vraiment faire corps avec elle, avec une ceinture à boucle à éjection rapide que je peux détacher en une fraction de seconde. Cette fois-ci, je voulais aussi creuser des cuvettes pour les pieds, afin de descendre mon centre de gravité sur cette planche assez étroite. Je voulais être assis le plus bas possible, au plus proche du foil. Pour des raisons d’efficacité et de confort, il est préférable d’avoir les talons plus bas que l’assise. Nous avons donc creusé des cuvettes pour abaisser les pieds par rapport au pont de la planche.
Concernant mon setup, c’est un montage spécifique au downwind, avec une Veloce HDW en front wing et un stab Veloce également, tous les deux en taille XL pour l’instant. Nous avons commencé avec de grandes tailles pour être sûrs d’avoir suffisamment de portance. Le mât est un HM de 70 centimètres.
Les réglages clés concernent la position sur la planche, que j’ai désormais trouvée, ainsi que la position du mât et du foil par rapport à mon assise. Avec ce nouveau foil Veloce HDW que je découvre, je suis encore en train d’affiner le bon équilibre.
Dans toute la préparation de la planche et des adaptations, il y a eu beaucoup d’échanges avec Fred et l’atelier GONG pour répondre précisément à mes besoins. Le résultat correspond exactement à ce que j’imaginais, et ça fonctionne très bien.
Par rapport à la Sner, la NOTW offre une meilleure glisse grâce à sa longueur et à sa finesse. Elle est forcément plus instable, mais elle permet surtout de mieux glisser à la pagaie et de décoller plus facilement sur une houle moins puissante.
Guillaume et sa NOTW EPS Pro 8’3 préparée par l’atelier GONG.
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En termes de sensations, qu’est-ce que le downwind assis t’apporte de unique aujourd’hui ?
Le downwind apporte des sensations uniques, le sentiment d’être pleinement dans les éléments, au milieu d’un plan d’eau immense. On n’est jamais vraiment seul, parce qu’il faut toujours naviguer avec un coéquipier ou en groupe, mais au cœur de cette immensité, même à deux ou à plusieurs, on a l’impression de l’être.
Cette sensation d’isolement au milieu des éléments est assez incroyable. C’est être porté par eux, composer avec eux. Il y a une forme de liberté totale, mais aussi beaucoup d’humilité face à la nature, parce qu’il faut rester vigilant en permanence sur la sécurité. Il y a vraiment cette sensation d’être seul face à la force des éléments.
Une fois en vol, il n’y a même plus la wing à tenir. J’ai bien une pagaie, mais elle est très légère, presque comme si je n’avais rien dans les mains. C’est du pur vol et le plaisir qui va avec.
Il y a aussi le côté challenge, l’effort physique que j’apprécie. J’aime cet équilibre entre l’intensité de l’effort et la récompense qui suit. C’est exigeant physiquement, et en retour, la sensation en downwind est absolument incroyable.

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Tu es en train d’ouvrir une nouvelle voie : est-ce que tu reçois des retours ou des messages de riders que ça inspire ?
Il y a déjà beaucoup de retours sur les quelques publications que j’ai faites sur les réseaux. Cette fois, ça sort du cadre de l’adaptation liée au handicap et ça s’ouvre à tout le monde. Je reçois des messages qui ne viennent pas uniquement de personnes en situation de handicap, mais aussi du monde du SUP, du kayak, de pratiquants de downwind en surfski, assis à la pagaie mais sans foil, qui sont naturellement intéressés par cette nouvelle discipline.
J’ai aussi des retours de personnes issues du milieu de la rivière, qui aimeraient surfer des vagues statiques de rivière avec un foil. Les échanges viennent de milieux très différents, et du monde entier. Certains trouvent ça inspirant, d’autres ont envie d’essayer, ou simplement de comprendre comment ça fonctionne et comment s’y prendre. Tout cela rend les échanges super intéressants.
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Selon toi, jusqu’où cette pratique peut aller, et qu’est-ce qu’elle rend possible demain ?
Pour moi, sur un plan personnel, la pratique est totalement validée. J’ai hâte de l’explorer davantage, d’améliorer mon expérience, mes capacités, et d’ajuster encore mes réglages. Ils sont déjà très bons, mais je n’ai pas encore trouvé le point d’équilibre parfait, ou en tout cas j’ai d’autres essais à faire pour trouver le meilleur réglage.
Il y a aussi tout l’aspect entraînement, parce que c’est une pratique très physique. Avec du travail, ça ne peut qu’améliorer les choses.
Je veux aussi tester différentes conditions de vent et de houle, pour voir jusqu’où il est possible d’aller. Je sais déjà qu’avec le matériel que j’ai, sur une houle courte avec un clapot formé et un vent de 25 à 30 nœuds, ça fonctionne. Maintenant, il reste à voir ce que ça donne sur des houles plus longues. Il faudra sans doute envisager une planche plus longue et plus fine que la NOTW 8’3 que j’utilise actuellement, comme l’Intruder 9’3, peut-être aussi un foil un peu plus petit pour gagner en vitesse avant le décollage.
Le concept est clairement validé. Il reste maintenant à en explorer toutes les perspectives et à voir jusqu’où cela peut aller. Mais je suis convaincu que cette approche peut répondre aux attentes de nombreuses personnes qui ont envie de faire du downwind en position assise.
Merci Guillaume ! C’est un plaisir de partager cette aventure à foil avec toi. On peut te suivre sur instagram.





Votre commentaire
Carrément inspirant ! Bravo à toi pour ta persévérance dans tout ce que tu entreprends, mais encore plus dans cette discipline.