GEAR : COMPRENDRE ET CHOISIR SES DÉRIVES SINGLE

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Le single fin, le cœur du surf classique

Le single fin est la configuration originelle du surf moderne. Bien avant la généralisation du thruster, c’est elle qui a défini la manière de tracer une ligne, de tenir un trim, de lire une vague. Une seule dérive centrale, placée dans l’axe de la planche, suffit alors à donner à la planche sa direction, sa stabilité et son caractère.

Ce montage est intimement lié à l’histoire du longboard classique, mais il ne se limite pas au noseriding. Une dérive single bien choisie peut transformer un longboard rétro, un glider, un hull, un mid-length ou encore certains eggs. Là où des montages multiples répartissent le travail entre plusieurs dérives, le montage single concentre tout le travail dans une seule dérive. Le ressenti devient plus direct, plus lisible, mais plus exigeant aussi : la planche se surfe davantage avec sa ligne qu’avec des corrections permanentes.

La philosophie du single fin repose sur une idée simple : moins d’interférences, plus de fluidité. La planche glisse, tient sa trajectoire, dessine ses courbes et se cale dans la vague avec une élégance particulière. Mais selon son template, sa taille et son placement, une single peut aller d’un comportement très pivot, presque “quille”, à une glisse plus rapide et plus orientée projection.

 


Une dérive qui donne le ton à toute la planche

En single, la dérive joue un rôle central au sens propre comme au sens figuré. Elle ne vient pas seulement compléter un shape : elle peut littéralement en dicter le programme.

Une grande single très droite, profonde et avec beaucoup de surface va ralentir légèrement la planche, ancrer le tail et favoriser le noseride. À l’inverse, une single plus élancée, avec plus de rake et moins de surface, donnera plus de drive, plus de projection et davantage de liberté dans les changements de ligne.

C’est pourquoi le single fin est souvent le montage le plus simple à comprendre visuellement, mais aussi l’un des plus subtils à choisir. Tout se joue dans l’équilibre entre stabilité, drive, pivot, glisse et contrôle.


Dans quelles conditions surfer en single fin ?

Le montage single fin fonctionne particulièrement bien dans les vagues qui favorisent la lecture de ligne et la glisse.

Il excelle dans :

  • les point breaks
  • les vagues longues
  • les sections propres
  • les vagues de taille petite à moyenne

Dans ces conditions, la single permet de tracer des lignes fluides et de conserver une vitesse naturelle sans avoir besoin de relancer constamment.

  

Surfer : Evelin, team rider GONG, en Deano PU.

Analyse du shape d’une dérive single



  • Le rake

Le rake correspond à l’inclinaison arrière de la dérive. Sur une single, il influence fortement la manière dont la planche va dessiner ses trajectoires.

Une dérive avec peu de rake, donc plus verticale, favorise le pivot. La planche tourne autour de la dérive comme autour d’un axe. Ce type de dérive est particulièrement adapté au surf de noseride classique où l’on cherche à caler la planche dans la pocket et à effectuer des pivots courts pour se replacer.

À l’inverse, une dérive avec plus de rake favorise le drive et la projection. La planche tient mieux sa ligne et dessine des courbes plus longues et plus fluides. Ce type de dérive est souvent utilisé sur les dolphins ou les singles destinées aux mid-lengths et aux planches plus orientées vitesse et courbes.

En single fin, le rake détermine donc largement le caractère de la dérive et donc celui de la planche :

  • moins de rake pour un surf pivot et centré,
  • plus de rake pour un surf de lignes longues et projetées.



  • La base

La base correspond à la longueur du bord inférieur de la dérive, celle qui s’appuie directement sur la planche.

Une base large génère beaucoup de contrôle et de drive. Elle stabilise la planche lorsque l’on s’engage dans une courbe et permet d’encaisser des appuis puissants.

Une base plus courte libère davantage la planche et facilite le pivot. C’est un choix courant pour des dérives plus techniques ou pour des planches que l’on souhaite rendre plus joueuses.

Dans de nombreuses single fins de longboard classique, la base est volontairement généreuse afin d’augmenter la stabilité et de maintenir la planche dans la bonne section de la vague.



  • La profondeur

La profondeur correspond à la hauteur de la dérive entre la base et le tip. En single fin, la profondeur joue un rôle essentiel dans la stabilité. Une dérive profonde crée un bras de levier important sous la planche, ce qui augmente l’accroche et aide à maintenir le tail dans l’eau. Cette caractéristique est particulièrement importante pour le noseriding.

Une profondeur plus modérée donnera une planche plus libre et plus rapide, mais avec moins de maintien lorsque la pression augmente.



  • La surface

La surface totale d’une dérive détermine la quantité de contact avec l’eau et donc le niveau global de contrôle.



Une grande surface augmente la stabilité et le hold. Elle ralentit légèrement la planche et facilite le maintien dans la pocket, ce qui est là encore très utile pour le noseriding.

Une surface plus réduite diminue la traînée et favorise la glisse. La planche devient plus rapide et plus maniable, mais aussi un peu moins stable.

  • Le template

Le template correspond à l’outline général de la dérive, c’est-à-dire la forme globale créée par la combinaison du rake, de la base et de la répartition de surface. C’est souvent le premier indicateur du programme d’une dérive.

Un template très droit, de type pivot ou hachet, favorise un comportement centré autour d’un point fixe. La planche tourne autour de la dérive, reste bien calée dans la pocket et offre une grande stabilité au nose.

À l’inverse, un template plus étiré vers l’arrière, comme une dolphin fin, favorise davantage les longues lignes et la projection. La planche trace plus facilement dans la vague et conserve mieux sa vitesse.

Entre ces deux extrêmes, de nombreux templates hybrides existent : D-fin modernisées, cutaway, templates polyvalents ou single fins de mid-length. Chaque variation déplace l’équilibre entre pivot, drive et glisse.




  • Le foil

Le foil. En single fin, le foil est symétrique (50/50). Ce profil répartit l’épaisseur de manière égale des deux côtés de la dérive. Ce type de foil produit une portance neutre et progressive. Il donne à la planche un comportement stable et prévisible, parfaitement adapté à la philosophie du single fin.

Un profil épais apportera davantage de rigidité et de contrôle, tandis qu’un profil plus fin introduira un peu plus de flex et de fluidité dans la glisse.



  • Le flex

Le flex correspond à la capacité de la dérive à se déformer légèrement sous la pression puis à revenir en place.

Une dérive très rigide procure un appui solide et une sensation stable sous le pied arrière. Elle est souvent privilégiée pour le noseride ou pour les planches nécessitant beaucoup de contrôle.

Une dérive avec plus de flex rend la planche plus vivante. Elle restitue l’énergie accumulée dans la courbe et peut offrir une sensation de relance plus dynamique en sortie de virage.
 

Les forces en jeu avec une dérive single

La dérive single privilégie généralement un drive linéaire. La planche tient sa ligne et continue d’avancer dans la courbe sans avoir besoin d’être constamment relancée.

Le pivot dépend énormément du template. Une dérive très droite, type hachet ou pivot, facilite les virages courts. Une dérive plus rakée augmente la projection mais demande plus d’espace pour dessiner sa courbe.

L’accroche est souvent forte, surtout sur les grands templates avec une surface importante. Cela donne une sensation de sécurité et de stabilité, particulièrement avec les longboards classiques.

La stabilité est l’un des grands atouts d’une dérive single, surtout lorsqu’elle est grande, profonde et reculée. C’est cette stabilité qui permet le trim et le noseride.


Patrice Guénolé, boss and shaper GONG, en Pampa EPS.

Pour quel type de planche ?

La single fin est particulièrement adaptée :

  • aux longboards rétro et aux noseriders
  • aux longboards classiques orientés trim et style
  • aux gliders
  • aux eggs et mid-lengths en single
  • à certains hulls

Sur un longboard très large et peu rocké, elle maximise la glisse et le hold. Sur une mid-length ou un egg, elle peut créer un surf très pur, très fluide, à condition de choisir le bon template.

Choisir la taille de sa dérive single

La taille d’une dérive single dépend principalement de :

  • la longueur de la planche
  • du poids du surfeur
  • du style de surf recherché
  • la vitesse et la puissance des vagues

Sur un longboard classique, une règle simple reste très efficace : prendre une dérive environ un pouce plus grande que la longueur de la planche en pieds. Un 9’ fonctionne ainsi souvent très bien avec une dérive de 10”.

Mais cette règle doit être nuancée par le shape de la planche et le programme :

  • plus de taille = plus de stabilité, plus de hold, plus de noseride
  • moins de taille = plus de glisse, plus de vitesse, plus de maniabilité

Un surfeur plus lourd ou plus puissant pourra monter un peu en taille pour garder du contrôle. Un surfeur plus léger pourra réduire légèrement la taille pour gagner en fluidité.

Sur une mid-length ou un egg, on choisira souvent plus petit, selon la largeur du tail et le comportement recherché. Des dérives de 7” à 9” peuvent fonctionner seules sur ces shapes, ou même servir de centrale dans un 2+1.


Surfer : Vilayta, team rider GONG, en Indra PU.

Le placement dans l’US Box

En single, le placement de la dérive change énormément le comportement.

Avancer la dérive rend la planche plus maniable, plus vive, plus facile à faire tourner. Cela peut réveiller une planche un peu trop “calée”.

Reculer la dérive augmente la tenue, la stabilité, le hold et la capacité à rester longtemps au nose. C’est souvent la solution si l’on cherche plus de contrôle ou un meilleur noseride.

Avec une dérive de log ou de noseride, on a souvent tendance à la placer plutôt vers l’arrière du box. Avec une dérive plus polyvalente ou plus orientée courbes, on peut la recentrer ou l’avancer légèrement.


Choisir son modèle de single

Tous les single fins ne racontent pas la même histoire. Certains sont pensées pour verrouiller la planche dans la pocket et tenir le nose, d’autres pour tracer des lignes longues, d’autres encore pour offrir une glisse plus joueuse sur des mid-lengths ou des logs modernes.

Les modèles présentés ici couvrent une très large gamme de comportements, du pivot noseride pur à la dérive single technique et maniable, en passant par les dolphins all-round, les cutaways, les centrales de 2+1 performance et les single de mid-lengths.


Surfer : Evelin, GONG team rider, en longboard Deano et dérive Poster.

Dfeatr : le pivot absolu, pensée pour le noseride

La Dfeatr est une dérive de log au sens le plus pur du terme. Son programme est clair : stabiliser la planche, ralentir légèrement la glisse et ancrer le tail pour aller chercher le nose sans se poser de questions.

Son template emprunte à la fois au D-fin et à la hachet. Le rake y est faible, la surface énorme, la base très large et la profondeur importante. Toute sa géométrie vise à créer du hold, du pivot et de la stabilité plutôt que du drive. Ce n’est pas une dérive faite pour relancer fort ou dessiner de longues courbes projetées ; c’est une dérive faite pour caler la planche dans la pocket, tenir une trimline lente et sécuriser un noseride profond.

Elle s’adresse naturellement aux logs lourds, aux longboards rétro orientés noseride, aux shapes avec un maître-bau centré ou avancé, et aux vagues molles ou moyennement puissantes dans lesquelles il faut contrôler sa vitesse pour rester dans la bonne phase de la vague.

Un longboard rétro de 9’6 à 10’6 dans des vagues douces et longues est son terrain idéal. Reculée dans le box, la Dfeatr devient un véritable ancrage.

Lokin : le cutaway de log, entre pivot et drive

La Lokin se situe à la jonction du noseride classique et du surf de ligne plus appuyé. Son template de cutaway XXL mélange deux philosophies : une partie avant assez droite, qui garde du pivot, et une partie arrière plus tirée, qui ajoute du rake et du drive.

C’est une dérive pensée pour les logs rétro qui veulent conserver de la stabilité au nose tout en gagnant un peu de projection dans les changements de ligne. Elle permet des virages plus stylés, des cutbacks plus dessinés, des bottom turns plus amples, tout en restant parfaitement équilibrée pour le noseride.

Elle conviendra à des longboards classiques mais pas exclusivement centrés sur le nose, ou à des logs un peu plus “exploratoires” où l’on cherche à alterner trim, pivot turns et courbes plus engagées.

Dans des vagues peu puissantes à intermédiaires, elle offre un excellent compromis entre contrôle et liberté. C’est le modèle du surfeur qui aime le style classique, mais qui ne veut pas d’une dérive totalement “bloquée”.

Ron D : le modern D-fin

La Ron D revisite l’esprit du D-fin classique en le rendant plus maniable. Son template garde le caractère vertical et stable du D-fin, mais introduit une logique de cutaway qui libère la planche sans la dénaturer.

Elle reste très orientée trim, tail hold et stabilité sur la ligne, mais elle tourne plus facilement qu’un D-fin pur. C’est ce qui en fait une excellente option pour les surfeurs qui aiment l’esthétique et la lecture de vague du longboard classique, tout en cherchant un peu plus de mobilité dans les transitions.

La Ron D fonctionne particulièrement bien sur les longboards rétro, les logs modernisés, ou les planches qui veulent rester très classiques tout en acceptant des lignes un peu plus libres.

C’est une bonne dérive pour celui qui veut une planche stable, belle à surfer, capable de tenir la trimline et d’aller au nose, sans tomber dans la radicalité d’une dérive entièrement pivot.

Royal : la classique du noseride

La Royal est l’une des expressions les plus pures de la dérive de noseride. Son template de hachet classique est conçu pour maximiser le tail hold, c’est-à-dire la capacité du tail à rester ancré lorsque le surfeur avance au nose.

Sa surface est importante, sa profondeur élevée, sa base relativement courte pour garder du pivot, et sa répartition de surface vers le haut lui permet de conserver de la tenue même quand la planche est fortement calée sur la trimline.

C’est une dérive faite pour les longboards rétro lourds, volumineux et typés noserider. Elle aime les vagues moyennes, les sections propres, les poches où la planche peut se placer et ralentir sans décrocher.

Elle n’est ni la plus rapide ni la plus maniable de la gamme, mais elle est l’une des plus rassurantes quand l’objectif est clair : placer et tenir des noses longtemps.

Dred : la Royal avec plus de projection

La Dred reprend la logique de la Royal mais lui ajoute un peu de rake. Le résultat est subtil mais important : la dérive garde son ADN de pivot et de noseride, tout en offrant un peu plus de drive et une ligne plus appuyée.

Elle conviendra aux surfeurs qui aiment les dérives de type hachet, mais qui veulent un comportement moins “figé”, avec un peu plus de possibilité dans les courbes et la relance entre deux sections.

Sur des longboards rétro, des vagues propres ou légèrement plus rapides, la Dred permet d’avoir encore une vraie stabilité au nose, tout en dessinant des lignes plus longues et plus vivantes que la Royal.

C’est une excellente option pour un log classique qu’on veut surfer avec un peu plus de rythme.




Poster : la dolphin polyvalente

La Poster adopte le template classique d’une dolphin fin, reconnu pour sa polyvalence et son équilibre naturel. Mais elle se distingue par un point clé de design : un tip fin et affiné, qui vient modifier sensiblement son comportement.

Son rake prononcé favorise le drive et les longues lignes, tandis que sa base solide permet de garder du contrôle dans les appuis. Mais c’est surtout la finesse de son tip qui apporte une vraie différence sous le pied.

Ce tip affiné permet à la dérive de libérer plus facilement la planche en sortie de courbe, d’introduire du flex en haut de dérive et d’améliorer la relance et la fluidité dans les transitions.

Concrètement, la planche garde du drive dans la ligne, mais devient plus vivante et plus douce dans les enchaînements. Là où certaines dolphin plus pleines en tête vont verrouiller davantage la trajectoire, la Poster offre un comportement plus nuancé : elle tient la ligne, mais sans figer la planche.

Cela en fait une dérive extrêmement polyvalente capable de générer de la vitesse dans les sections molles, mais suffisamment fluide pour enchaîner des courbes naturelles et assez libre pour corriger sa trajectoire sans effort

Elle n’est pas la plus performante pour un noseride extrême (où une dérive plus pleine sera plus stable), mais elle excelle dès que l’on cherche un surf complet mêlant glisse, courbes et transitions.




MyWay : la cutaway versatile et atypique

La MyWay est une dérive très particulière, pensée comme une cutaway revisitée. Son évidement central libère la planche, alors que la base et la bulle de surface au tip maintiennent drive et contrôle.

Elle offre ainsi une combinaison rare : beaucoup de maniabilité pour une dérive qui garde pourtant une vraie capacité de traction. Son rake marqué lui donne une belle projection, mais son cutaway casse la sensation de verrouillage et laisse une vraie liberté sous le pied arrière.

Elle fonctionne très bien sur des longboards variés, des mid-lengths, et même dans certains montages 2+1 lorsque l’on choisit les petites tailles. C’est une dérive pour les surfeurs qui aiment tester, ajuster, explorer des lignes moins classiques.

Si l’on cherche un single fin qui sort du cadre des templates traditionnels tout en restant très efficace, la MyWay est l’une des plus intéressantes.

Amalgam : la single technique, vive et déverrouillée

L’Amalgam adopte un template upright, étroit, de type tuna fin. C’est l’une des dérives les plus vives et les plus techniques de la gamme.

Avec peu de base, peu de surface et un outline vertical, elle privilégie la glisse, le pivot et la précision. Elle déverrouille complètement la planche, permettant des turns serrés, des bottoms rapides et un surf très placé. En contrepartie, elle demande plus de précision dans les appuis et une profondeur suffisante pour garder du contrôle.

Elle s’adresse particulièrement aux mid-lengths, aux single boards techniques, aux planches peu rockées, et peut aussi fonctionner comme centrale dans un 2+1 très libre.

C’est une dérive pour les surfeurs qui cherchent à sentir la planche respirer, accélérer et pivoter sans être bridée par trop de surface.

Fewer : la dolphin élancée, rapide et maniable

La Fewer est une interprétation plus fine et plus technique de la dolphin fin. Son rake prononcé apporte du drive, mais sa surface réduite limite la traînée et donne une sensation de vitesse plus marquée.

Elle reste contrôlable grâce à sa base encore solide, mais elle laisse plus de liberté que des templates plus chargés. Ses lignes sont longues, sa glisse est sensible, son comportement plus joueur. Elle aime les vagues longues, les point breaks, les sections ouvertes où l’on peut dessiner et se laisser porter.

Elle fonctionne très bien sur des mid-lengths, des hulls, des boards single de 7’ à 9’, et peut aussi être accompagnée de side bites sur certaines configurations.

C’est une dérive plus technique, plus subtile, destinée aux surfeurs qui recherchent vitesse, style et précision sans passer par une grande surface très verrouillante.

Mach : la single puissante de mid-length

La Mach a été pensée pour les mid-lengths et les boards qui demandent une vraie présence sous le pied arrière. Avec sa base très large, son rake marqué et sa surface bien répartie, elle offre beaucoup de contrôle, beaucoup de drive et une excellente capacité à tenir des appuis puissants.

Elle favorise les courbes longues, les bottoms amples et les lignes engagées. Sur des vagues avec du mur, elle donne un sentiment de rail continu, surtout lorsqu’elle est associée à des sidebites.

C’est une dérive plus “sérieuse”, moins joueuse qu’une Amalgam ou qu’une Fewer, mais extrêmement rassurante et efficace lorsque le surf repose sur la puissance, l’angle et la projection.

Sur une mid-length, un egg tendu ou une planche de transition performante, la Mach est un excellent choix.

Clinch : la dolphin all-round moderne

La Clinch peut être vue comme la petite sœur plus stable de la Poster. Son template dolphin reste très polyvalent, mais avec un peu plus de surface et un peu plus de contrôle.

Elle fonctionne seule ou en 2+1, ce qui en fait une excellente dérive pour les longboards modernes qui alternent entre passages au nose et surf plus appuyé sur le rail. Elle garde une vraie glisse, un certain flex, mais rassure davantage dès que la taille ou la puissance des vagues augmente.

C’est un modèle très facile à recommander à quelqu’un qui cherche une dérive unique capable de couvrir beaucoup de situations, du petit beach break aux vagues plus consistantes.

Quirk : la dolphin plus puissante

La Quirk reprend la logique de la dolphin fin mais avec plus de surface, plus de contrôle et plus de capacité à encaisser les conditions solides.

Elle conserve une bonne maniabilité et une vraie qualité de glisse, mais elle ajoute un appui plus sûr dans les sections puissantes. Elle convient très bien aux longboards modernes, aux singles polyvalents, et aux surfeurs qui veulent garder du flow tout en augmentant le contrôle.

En 2+1, elle devient un outil très sérieux pour attaquer avec confiance. Seule, elle peut être un excellent single all-round pour les boards qui demandent plus de stabilité qu’une Poster ou qu’une Fewer.

Slash : la centrale de 2+1 orientée performance

La Slash n’est pas un single fin au sens classique du terme. C’est une centrale pensée pour fonctionner avec des sidebites, dans des montages 2+1 orientés performance.

Son template de mini-thruster lui permet de conserver drive, contrôle et maniabilité dans des tailles plus réduites. C’est une excellente option pour les mid-lengths performance, les longboards perf et les setups 2+1 qui cherchent plus de mordant, plus de rail-to-rail et plus d’efficacité dans les vagues puissantes.

Si l’objectif n’est pas la glisse pure du single classique, mais un centre fin moderne pour un montage très dynamique, la Slash devient une évidence.


Surfer : Vilayta, team rider GONG, en Carter EPS.

En résumé pour choisir son modèle

Une dérive de noseride pur, avec un tail très ancré et un maximum de stabilité au nose
→ Dfeatr ou Royal

Une dérive de log classique, mais avec plus de ligne et de style dans les courbes
→ Lokin, Ron D ou Dred

Une dérive polyvalente, capable de fonctionner dans beaucoup de conditions

→ Poster ou Clinch

Une single plus technique, vive et déverrouillée

→ Amalgam ou Fewer

Une single pour mid-length puissante et engagée

→ Mach

Une centrale pour un 2+1 orienté performance

→ Slash

  

Choisir la taille de ses dérives single

Pour les grands logs rétro et les noseriders, les tailles 9” à 11.5” sont les plus logiques. Plus on cherche le nose, le hold et la stabilité, plus il faut monter en taille.

Comme toujours :

  • plus grand = plus de stabilité, plus de hold, plus de contrôle
  • plus petit = plus de glisse, plus de liberté, plus de maniabilité

Le bon choix dépendra donc de la planche, du poids du surfeur, de la vitesse des vagues et de la manière dont on souhaite surfer.

La taille minimale favorise : la glisse, la vitesse, la maniabilité

La taille maximale favorise : la stabilité, le contrôle, le noseride

Exemple, pour un longboard 9'2

  • 9" → plus de vitesse et de maniabilité
  • 9.5" → plus de stabilité
  • 10" → plus de noseride

Surfeur léger → taille légèrement plus petite.

Surfeur lourd → taille légèrement plus grande.

Une règle simple consiste à choisir une dérive environ un pouce plus grande que la longueur de la planche. Cette règle fonctionne particulièrement bien pour les longboards classiques et les noseriders. Sur des planches plus modernes ou plus courtes, on pourra réduire légèrement la taille afin de favoriser la maniabilité et la vitesse.

Comment choisir entre deux tailles proches ?

Dans une même gamme de dérives, la différence entre deux tailles (par exemple 10" et 10.5") peut sembler minime, mais elle modifie sensiblement le comportement de la planche.

Exemple : Quelle taille choisir entre 10" et 10.5" sur un longboard 9'

Avec 10" :

  • la planche restera plus vive
  • les virages seront un peu plus faciles à engager
  • la glisse sera légèrement plus rapide

Avec 10.5" :

  • la planche sera plus stable
  • le tail restera davantage ancré dans l’eau
  • le noseride sera plus facile à tenir

La 10" conviendra davantage à un longboard polyvalent ou à un surfeur qui aime tourner. La 10.5" sera plus adaptée à un log orienté noseriding.

On peut également ajuster selon le poids du surfeur, sur un longboard 9’6 avec la même dérive :

  • un surfeur de 65 kg pourra préférer une 10" pour garder de la maniabilité
  • un surfeur de 85 kg pourra préférer une 10.5" pour conserver du contrôle et de l’accroche

Le poids influence directement la pression exercée sur la dérive, donc la surface nécessaire pour stabiliser la planche.

Ajuster selon les vagues

Dans des vagues molles et lentes, une dérive légèrement plus grande aidera à ralentir la planche et à rester dans la pocket.

Dans des vagues rapides ou creuses, une dérive légèrement plus petite facilitera les transitions et donnera plus de liberté dans les turns.

Ajuster selon le style de surf

  • du noseride et du trim classique → prendre la taille supérieure
  • plus de virages et de liberté → prendre la taille inférieure

Quand on hésite entre deux tailles, il faut se poser la question :

“Est-ce que je veux plus de stabilité ou plus de maniabilité ?”

Plus grand → stabilité, noseride, lignes calées

Plus petit → glisse, vitesse, liberté.

 

Surfer : Evelin, team rider GONG, en Deano et dérive Poster.

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